PHILAPOSTEL

Jusqu'au 18-11-2016

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L'Association des Collectionneurs
de La Poste et d'Orange

Philatélistes, cartophiles, numismates, toutes collections

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Revues de Presse
Interview de Jean-Claude Labbé

Des collections pour ressusciter le passé

Tous les dimanches matin, Jean-Claude Labbé se lève à l'aube pour la grand-messe des vide-greniers et des brocantes. En quête de timbres, de lettres ou d'objets relatifs à l'écrit et aux métiers de La Poste, cet ancien postier ne s'est pas contenté d'entrer égoistement en collection...

ll a aussi fait v&œlig;u de partager sa passion.

PROPOS RECUEILLIS PAR SOPHIE BASTIDE-BERNARDIN

Postier à la retraite, quel a été votre parcours professionnel ?

J'ai passé toute ma carrière comme agent de nuit au centre de tri de Caen. Au début, en 1968, j'ai connu 1er tri manuel. La mécanisation a été introduite vers 1974. Nous nous sommes alors servi de l'informatique pour l'indexation. Cet apprentissage a été compliqué dans un premier temps. En 2002, c'est l'introduction de nouvelles machines qui a précipité mon départ anticipé à la retraite, à la faveur d'un plan de restructuration. Une seule de ces machines pouvait remplacer quarante personnes.

Vous avez appartenu à une association auiourd'hui disparue : le Groupement ultraviolet de France. En quoi consistait-elle ?

Elle avait pour vocation l'étude de la mécanisation du tri. Très active vers 1975, ses membres publiaient énormément d'articles sur l'historique de la mécanisation dans leur bulletin mais aussi, à l'époque, dans le Monde des Philatélistes.

Comment avez-vous rejoint Philapostel dont vous avez été vice-président national et président pour la Basse-Normandie ?

Dès mon arrivée à La Poste, j'ai fait la connaissance d'un groupe d'agents qui, comme moi, étaient philatélistes. Suivant leur exemple, j'ai adhéré aux Postiers philatélistes, l'ancien nom de Philapostel. Pendant vingt ans, j'ai été membre du Conseil d'administration de Philapostel. Puis, sous la présidence de François Mennessiez, je suis devenu vice-président. Par rapport à cette fonction, j'ai décidé de prendre du recul, il y a trois ans. Retraité, je me suis installé avec mon épouse dans le département de la Manche, à une dizaine de kilomètres du Mont-Saint-Michel. À ce moment-là, il m'a semblé qu'en raison de l'éloignement géographique, je ne pouvais plus assurer la présidence de Philapostel Basse-Normandie.

Êtes-vous venu de la collection en général à la philatélie ou vice-versa ?

J'ai commencé par collectionner des timbres-poste dès 1'àge de quinze ou seize ans. Puis, je me suis intéressé à la marcophilie qui correspondait davantage à mes moyens financiers. Enfln, j'en suis venu aux objets. J'ai ainsi aujourd'hui une centaine de pèse-lettres et près de quatre cents boîtes à timbres... Un jour, un ami m'a montré un jouet de la poste enfantine et c'est ainsi qu'est née une nouvelle envie. J'en ai déniché une bonne soixantaine. La revue Vie du Jouet les a présentés dans un article, il y a quelques années. J'ai également une collection d'une trentaine de boîtes aux lettres.

Ce sont des obiets rarement rencontrés à !a vente... Comment vous les êtes-yous procurés ?

À l'époque où j'ai commencé à en récupérer, j'exposais dans les bureaux de poste. Dans ce cadre-1à, j'avais établi de bonnes relations avec 1a direction départementale et je disposais d'un beau carnet d'adresses. Certaines de ces boîtes m'ont été données lors de déménagements car parfois, elles étaient destinées à la benne.

En philatélie, vous avez commencé par une très classique collection d'histoire postale sur la Transorma. Dites-nous en un peu plus à ce sujet...

La Transorma est la première machine de tri au monde. Elle a été présentée lors d'une exposition internationale, en Hollande, en 1924, puis mise en service dans divers pays du monde, comme l'Angleterre ou plusieurs états d'Amérique du Sud. Son utilisation a perduré jusque dans les années 1980 mais eile n'a jamais été adoptée en France.

Puis, vous avez opté pour Ia classe ouverte avec la collection le facteur et ses métamorphoses. Comment c'est fait ce passage ?

Je me suis intéressé à tous les métiers de La Poste : les ambulants, d'abord, et forcément, le facteur. je me suis mis en quête de documents, de timbres, de lettres, d'empreintes...

Pouvez-yous nous parler de votre collection de costumes et de matériels de La Poste qui est l'extension de cette classe ouverte ?

J'ai obtenu beaucoup de matériel à Caen... J'avais des contacts via l'association du Musée de La Poste et des Télécommunications de Caen qui a fermé voilà sept ans. Je connaissais aussi de vieux facteurs. Or, il est de tradition qu'i1s partent à la retraite avec leur uniforme. Beaucoup m'en ont cédé. Je ne garde que ceux qui sont en parfait état de préservation. Idem pour les casquettes, jamais je n'en conserverai une qui soit miteuse. Je possède même de très anciens uniformes, dont deux ou trois que j'ai datés autour de 1900.

Continuez-vous à présenter votre collection au grand public ?

Oui, j'ai le goût de la transmission. J'organise régulièrement des expositions et le joue même les guides, à l'occasion. Je me suis fait connaître par le bouche à oreille. J'ai ainsi participé à une fête de village très sympathique, dans l'Orne, à Saint-Fraimbault. Tous les ans, se déroulent dans cette commune des fêtes du temps passé qui concernent des domaines divers. L'on y voit ainsi du vieux matériel agricole... Moi, j'y suis allé avec mon ancien bureau de poste déniché dans l'un des garages que possédait autrefois La Poste pour l'entretien de ses voitures. je pense qu'il s'agit d'un bureau des années 1930 mais, dans certaines localités rurales, certains bureaux de ce type ont fonctionné jusque dans les années 1950.

Justement, ce bureau de poste est exposé actuellement au Musée des Traditions populaires d'Olonne-sur-Mer...

Oui, il y sera montré jusqu'à fin septembre. Il consiste en des casiers de tri, un guichet... J'ai rajouté des lettres, des cachets et des documents postaux, ainsi qu'une poussette des postes, c'est-à-dire un triporteur qui servait pour la distribution des paquets. Le musée a placé un mannequin pour figurer une guichetière. C'est vraiment chouette ! Pour compléter cet ensemble, j'ai prêté trois ou quatre costumes, ainsi que des pèse-lettres du début du siècle dernier et des boîtes à timbres de 1900 à 1930

Comment a débuté votre partenariat avec ce musée ?

François Mennessiez, 1'actuel président national de Philapostel, a une collègue dont la maman, ancienne postière, y est bénévole. C'est lui qui nous a mis en relation.

Vous intéressez-vous également aux récentes évolutions de La Poste ?

Non, pas du tout, je préfère étudier La Poste du passé.

En matière de philatélie, que jugez-vous particulièrement intéressant ?

J'ai arrêté mon abonnement aux nouveautés en 2010 ; je n'y trouvais plus d'intérêt et surtout, comme tout philatéliste, mon budget est limité. J'ai décidé de me consacrer aux courriers de la guerre de 1939-1945. En fait, c'est une collection que j'ai commencée il y a une vingtaine d'années mais elle me passionne de plus en plus... Cet été, jusqu'à fin août, je la présente dans mon village natal de Mellé, en Ille-et-Vilaine, au sein d'une très belle structure, à côté de l'église, le Melléco. Cene coilection est composée à 9o% de philatélie et, pour le reste, de journaux et de documents d'époque. Mon objectif est de raconter Ia vie des Français à l'époque.

Vous n'en finissez donc jamais de vous investir dans de nouvelles collections ?

Non, jamais ! Mes dernières collections en date sont les nécessaires à écrire pour enfant et le beau papier à lettres... Tout ce qui touche à l'écrit m'attire et il n'y a pas un dimanche matin oò je ne me lève de bonne heure pour prendre part à un vide-greniers ou à une brocante.

LES EXPOSITIONS ESTIVALES DE JEAN-CLAUDE LABBÉ

Actuellement et jusqu'au 1er octobre 2016 : « La Poste au XXe siécle » au Musée des Traditions populaires d'Olonne-sur-Mer 30 rue du Maréchal Foch 85340 Olonne-sur-Mer. Tel.: 02 51 96 95 53. Courriel : memoiredesolonnes@wanadoo.fr Site internet : http://www.memoiredesolonnes.fr. En août, du lundi au vendredi, de 15h à 18h et les mardis et jeudis, de 10h à 12h. En septembre, du lundi au vendredi, de 14h30 à 17h30. Entrées: adulte 4,50€ ; enfant (6-12 ans) 2€ ; gratuit pour les moins de 6 ans.

Notez que l'exposition « La Poste au xxe siècle » sera ensuite transférée à Fougères aux « ATELIERS » 9, rue des Frères Devéria durant tout le mois d'octobre 2016.


n° 1908 de Juillet-Août 2016.


Mise en ligne : 30/12/2016 - Dernière mise à jour : 30/12/2016